Résumé : L’auteure procède à une analyse chronotopique de la femme dans les films du début des années 1930 afin d’en extraire les représentations sémiotiques et phénoménologiques de la modernité américaine à travers le personnage de la femme moderne. Elle met en relief la façon dont les espaces filmiques concrets — c’est-à-dire les espaces privés d’appartements modernes, et les espaces publics et les espaces de travail des hôtels, des immeubles de bureaux et des grands magasins — servent à exprimer le chronotope de la femme moderne sur les plans à la fois sémiotique — à titre de producteurs et de vecteurs de sens — et phénoménologique — à titre de cadre se prêtant à une certaine manière d’être. Les résultats de cette analyse illustrent comment s’est articulée une vision évolutive de la modernité américaine au moyen de la représentation de la femme moderne dans les films hollywoodiens du début des années 1930, et ils confirment qu’à titre de chronotope, la femme moderne s’est trouvée intimement liée à une conception optimiste de la démocratie américaine.
In this article, I deploy a chronotopic analysis of early 1930s woman’s films to flesh out semiotic and phenomenological representations of American modernity through the figure of the modern woman. I emphasize how concrete film spaces—the private spaces of modern apartments and the public and work spaces of hotels, office buildings, and department stores—function as expressions of the modern woman chronotope in both semiotic—as producers and conveyors of meaning—and phenomenological senses—permitting a certain way of being. This will serve to show how a progressive vision of American modernity was articulated through the figure of the modern woman in early 1930s Hollywood films, and that as a chronotope, the modern woman was intimately linked with a hopeful conception of American democracy.