Volume 76 Issue 2, May / mai 2020, pp. 155-173

La tendance veut que l’homogénéité culturelle et linguistique des destinations des programmes d’études à l’étranger soit tenue pour acquise. Or, la diversité culturelle et linguistique des destinations occidentales anglophones, en particulier celle des métropoles urbaines, n’a pas cessé de croître. Compte tenu de l’évolution sociolinguistique de ces destinations, les auteurs se demandent comment les étudiants conjuguent la réalité multilingue à laquelle ils font face et leur volonté d’interagir avec des anglophones de naissance. En s’appuyant sur une étude ethnographique réalisée auprès de jeunes adultes sud-coréens étudiant l’anglais à Toronto, les auteurs montrent que, pour gérer la contradiction, les jeunes Coréens ont classé les anglophones dans différentes catégories afin déterminer lesquels d’entre eux sont le mieux à même de contribuer à leur apprentissage de l’anglais. Toutefois, en dépit du fait que les étudiants coréens se soient efforcés d’entrer en contact avec des anglophones de naissance, ils n’y sont généralement pas parvenus en raison de leur méconnaissance de la culture et de la langue locales. En outre, les étudiants coréens ont classé leurs condisciples allochtones selon la perception qu’ils avaient du degré de maîtrise de l’anglais et des accents de ces derniers, confirmant toutefois chez ces non anglophones de naissance les limites auxquelles se heurtait leur usage de l’anglais. Enfin, les sujets ont attribué différents rôles linguistiques à chaque type d’anglophones et évalué les interventions pédagogiques destinées à faciliter leur apprentissage de l’anglais dans le contexte multilingue.

Study-abroad programs tend to assume that their destinations are culturally and linguistically homogenous. However, Western English-speaking destinations, particularly metropolitan cities, have become increasingly culturally and linguistically diverse. Considering such sociolinguistic changes in these destinations, this research examines how students negotiate the given multilingual reality with the desire to interact with native English speakers. Drawing on an ethnographic study of South Korean young adults studying English in Toronto, this article shows that to manage the contradiction, the Korean youth categorized various types of English speakers to identify “better” ones for their English learning. However, even though the Korean students strived to access native English speakers, they usually failed to do so because of their limited knowledge and competence of the local culture and language. Furthermore, the Korean students stratified their non-native classmates according to their perceived English proficiency and accents, but confirmed the limitation of their non-native usage of English. Finally, the informants assigned different linguistic roles to each type of English speaker and valued pedagogical interventions for their English learning in the multilingual context.