Volume 75 Issue 1, February / février 2019, pp. 84-104

De précédentes recherches ont démontré que les formes régulières du passé des verbes anglais sont difficiles à percevoir. Or les chercheurs qui se sont intéressés à cette perception ont jusqu’à maintenant soumis leurs intrants à un traitement expérimental, la façon dont les indices contextuels, au-delà des adverbes de temps, influent sur la perception du passé régulier n’ayant pas retenu leur attention. Les auteurs se demandent si les apprenants de l’anglais langue seconde (L2) et les locuteurs natifs de l’anglais (L1) perçoivent le passé régulier –ed lorsque l’intrant s’inscrit dans un contexte naturaliste, si le rendu phonologique (marqué [әd] ou non marqué [t, d]) influe sur leur perception et si leur exposition à la langue et l’usage qu’ils en font sont liés à une confiance ou une justesse perceptuelle accrue. Dans le cadre de l’expérience menée par les auteurs, 11 locuteurs de la L1 et 28 apprenants de la L2 (14 de niveau intermédiaire et 14 de niveau avancé) ayant visionné 64 vidéoclips de comédies de situation télévisées (contenant 32 formes régulières du passé et 32 formes de base) ont indiqué s’ils entendaient ou non la terminaison –ed et ont noté leur degré de confiance sur une échelle de Likert à 8 points. Les apprenants de la L2 de niveau avancé ont perçu la terminaison –ed avec autant de justesse que les locuteurs de la L1, la performance de ces deux groupes s’étant révélée supérieure à celle des apprenants de niveau intermédiaire. Tous les participants ont perçu la terminaison [әd] avec plus de justesse que les terminaisons [t, d]. La confiance augmentait avec la maîtrise de la langue et diminuait avec la difficulté phonologique. La justesse de perception des apprenants en corrélation avec une mesure de l’exposition à la L2, ainsi que des entrevues, ont révélé des similitudes dans l’usage des indices du discours pour interpréter le temps chez les apprenants de niveau avancé de la L2 et les locuteurs de la L1. Les résultats de l’étude confirment que la perception de la terminaison –ed suppose l’interprétation de multiples indices contextuels.

Previous research has shown that English regular past-tense forms are difficult to perceive, yet perception studies to date have used experimentally manipulated input, and none has investigated how contextual cues, beyond temporal adverbials, affect the perception of the regular past. This study investigated whether second language (L2) learners and native (L1) speakers of English perceive regular past –ed in naturalistic input, whether phonological context (salient [әd] vs. non-salient [t, d]) affects perception, and whether language exposure and use are related to increased confidence or perceptual accuracy. Eleven L1 speakers and 28 L2 learners (14 intermediate, 14 advanced) watched 64 clips from television sitcoms (containing 32 regular past and 32 base forms), indicated whether they heard –ed or no ending, and rated their confidence on an 8-point Likert scale. Advanced L2 learners perceived –ed as accurately as L1 speakers, and both groups outperformed intermediate learners. All perceived [әd] more accurately than [t, d]. Confidence increased with proficiency and decreased with phonological difficulty. Learners’ perception accuracy correlated with a measure of L2 exposure, and interviews revealed similarities in advanced learners’ and L1 speakers’ use of discourse cues to interpret tense. Results imply that –ed perception involves integration of multiple contextual cues.