Volume 52 Issue 2, August 2022, pp. 190-205

Between 1985 and 1993, Ann Maxwell (aka Elizabeth Lowell) and her husband Evan, a former L.A. Times crime reporter who covered international crime, co-authored a series of neo-noir crime novels featuring the private-eye narrator Fiddler, an independently wealthy, Newport-based macho man with a moral compass and a shady past from which his wealth is derived, and his partner Fiora, a high-powered Orange County banker who made her way into high finance from a humble midwestern background. While the series’s plots and characters follow established genre conventions, the novels’ settings cannily spotlight regions and locales relevant to California in which the geopolitical transformations of the later 1980s and early 1990s were concentrated. The upheaval of California’s social fabric in places such as the Gold Coast, Orange County, Napa Valley, the Mexican border, and even Santa Fe (Los Angeles’s alter ego) provide the background for plots that range from Cold War spies and smugglers to a white-collar breed of criminals such as property development scammers, art forgers, and financial fraudsters, exposing the violent and criminal underbelly of a rapidly globalizing and accelerating economic system in which (some parts of) California played a central role. This article provides a geocritical reading of the mystery series that focuses on its modes of political and social critique of the era of Reaganomics, globalization, and the financialization of property, technology, and culture. The series reveals a sustained engagement with political, social, and cultural upheavals that position these locales as sites of contestation and struggles that are, or turn, violent in a variety of ways.

Entre 1985 et 1993, Ann Maxwell (alias Elizabeth Lowell) et son époux Evan, un ancien journaliste du Los Angeles Times, spécialisé dans les affaires policières et les crimes internationaux, ont coécrit une série de romans policiers néo-noirs mettant en scène le narrateur et détective privé Fiddler, un macho de Newport, riche et indépendant, doté d’un sens moral et ayant un passé douteux dont il tire sa richesse, et sa partenaire Fiora, une banquière de haut vol du comté d’Orange qui s’est frayée un chemin dans le monde de la haute finance à partir d’un milieu modeste du Midwest. Si les intrigues et les personnages de la série suivent les conventions établies du genre, le cadre des romans met habilement en lumière les régions et les lieux de la Californie où se sont concentrées les transformations géopolitiques de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Les bouleversements du tissu social californien dans des régions telles que la Gold Coast, le comté d’Orange, Napa Valley, la frontière mexicaine et même Santa Fe (l’alter ego de Los Angeles) servent de toile de fond à des intrigues qui vont des espions et des contrebandiers de la guerre froide à une race de criminels en col blanc tels que les escrocs de l’immobilier, les faussaires d’œuvres d’art et les fraudeurs financiers, mettant ainsi en lumière les violences et la criminalité comme étant la face sombre d’un système économique en pleine mondialisation et accélération dans lequel (certaines parties de) la Californie a joué un rôle central. Le présent article propose une lecture géocritique de la série policière qui se concentre sur ses modes de critique politique et sociale de l’ère des Reaganomics, de la mondialisation, de la financiarisation de la propriété, de la technologie et de la culture. La série révèle un engagement soutenu envers les bouleversements politiques, sociaux et culturels qui positionnent ces lieux comme étant des sites de contestation et de luttes qui sont, ou deviennent, violents de diverses manières.