Volume 47, September 2023, pp. 307-322

Paramount Pictures’ The Silent Enemy, released in 1930, is a fascinating cultural artifact made and released during the transition from silent to sound film. One of the last silent feature films made by the studio, this critically acclaimed film took three years to make and was shot in large part on location on n’Daki Menan, the traditional territory of the Teme Augama Anishnabai in northern Ontario. Like other silent films made in Indigenous communities during this period such as Curtis’ In the Land of the Head Hunters (1914) and Myles’ The Daughter of Dawn (1920), The Silent Enemy employed local Indigenous actors and drew on their knowledge and traditions to construct its vision of pre-contact Anishinaabe life. While the exact location and community are never mentioned in The Silent Enemy itself, local Anishinaabe people were hired to act in the film and make the costumes and sets according to pre-contact standards, all elements of the film form that added greatly to the production’s claims of authenticity. This cultural labour went uncredited and unacknowledged. While the film recycles the prominent ethnographic narrative of the dying “Indian” culture, it does feature ironic moments of Indigenous survivance, such as an introductory sequence with Chief Yellow Robe shot in synchronized sound, naturalistic performances, material culture designed by locals that continue to captivate community members, and over-the-top colonial takes on pre-contact life. Until now, most readings of this silent feature focused on the celebrity image of Chief Long Lance and his “outing” as an African American and its use of Native American actors in leading roles, but for far too long, the story of its long-lasting influence as both a personal and a public historical artifact for the Teme Augama Anishnabai has not been told. The authors’ method for telling this story will alternate between oral storytelling and scholarly analysis of the film’s formal and thematic elements. The authors hope that by drawing on oral and traditional storytelling approaches, Indigenous ways of knowing will be foregrounded.

Le film L’Ennemi silencieux de Paramount Pictures, sorti en 1930, est un artefact culturel fascinant produit et diffusé lors de la transition des films muets aux films sonores. Il a fallu trois ans pour produire ce film acclamé par la critique, qui est l’un des derniers films muets à avoir été réalisé par le studio et qui a été tourné en grande partie sur le territoire traditionnel du peuple Teme-Augama Anishnabai situé dans le nord de l’Ontario, connu sous le nom de n’Daki Menan. Comme les autres films muets réalisés dans des communautés autochtones pendant cette période, tels que Au pays des chasseurs de têtes d’Edward Sheriff Curtis (1914) et Daughter of Dawn de Norbert A. Myles (1920), L’Ennemi silencieux a retenu les services d’acteurs autochtones et a puisé dans leur savoir et leurs traditions pour construire sa vision de la vie des Anishinaabes avant leur contact avec les Blancs. Le lieu exact et le nom de la communauté ne sont jamais précisés dans L’Ennemi silencieux, mais des membres du peuple anishinaabe ont été embauchés sur place pour jouer dans le film et fabriquer les costumes et les décors conformément aux normes précédant le contact avec les Blancs, et ces éléments du film ajoutent énormément aux prétentions d’authenticité de la production. Ce travail culturel n’a été ni indiqué au générique ni reconnu. Le film recycle le récit ethnographique majeur de la culture « indienne » en voie de disparition, mais présente des moments ironiques de survie autochtone, comme la séquence d’introduction du chef Yellow Robe synchronisée avec la trame sonore, les performances naturalistes, la mise en scène des habitants locaux qui continue de captiver les membres de la communauté et les interprétations coloniales exagérées sur la vie avant le contact avec les Blancs. Jusqu’à présent, la plupart des commentaires sur ce film muet ont été axés sur la célèbre image du chef Long Lance et son admission d’être un Afro-Américain (Smith 1982; Francis 1992) ainsi que sur le recours à des acteurs autochtones américains dans des rôles principaux (Raheja 2010), mais pendant beaucoup trop longtemps, l’histoire de son influence marquée à titre d’artefact historique personnel et public du peuple Teme Augama Anishnabai n’a jamais été racontée. La méthode de l’auteur pour relater cette histoire alternera entre le récit oral et l’analyse scientifique des éléments formels et thématiques du film. L’auteur espère qu’en adoptant des approches respectueuses de l’histoire orale et traditionnelle, les modes de savoir autochtones seront mis en valeur.